L'Android Market change de tête

En juin 2010, Jon Lech Johansen ("DVD Jon") poussait un coup de gueule au sujet de l'Android Market (lire L'Android Market sous le feu des critiques). Une recherche mal fichue, trop peu de contrôle de la violation du copyright, et les applications payantes accessibles uniquement depuis 13 pays sur les 46 dans lesquels l'Android Market était ouvert à l'époque.

Google a elle-même concédé qu'elle n'était pas satisfaite du nombre d'achats d'applications sur son magasin, par la bouche d'un de ses cadres, Eric Chu (lire Du nouveau sur l'Android Market).

De nombreux efforts ont été faits pour améliorer la situation : les applications payantes sont désormais accessibles dans 129 pays et territoires, leur référencement est devenu systématique (lire Android Market : la classification devient obligatoire), Google a mis sur pied une équipe en charge d'épurer son magasin des applications exploitant des contenus sous copyright sans licence, intégré les achats in-app, et a essayé de limiter la fragmentation de sa plateforme.

Malgré tout l'App Store se taille la large majorité des bénéfices alors même qu'Android se prévaut d'une part de marché supérieure. Pire encore il se crée moins de nouvelles applications pour Android que pour iOS (lire L'Android Market en perte de vitesse ?).

Conséquence de ces écueils, Eric Chu jusqu'ici en charge de l'Android Market quitte ses fonctions et se voit remplacé par Jamie Rosenberg, qui était responsable des contenus numériques pour Android (c'est lui notamment qui menait l'initiative Google Music, désormais réunie avec l'Android Market sous l'égide de Google Play, lire Google Play : Google unifie ses boutiques d'apps, musique, vidéos et lives). Chu ne quitte pas Google pour autant et un autre poste lui sera attribué.

Mais les problèmes de l'Android Market n'échoient pas intégralement à Eric Chu : TechCrunch cite une source interne à Google qui considère que le fait d'avoir plusieurs responsables sur la cellule Android (comme Eric Chu et David Conway), dotés de pouvoirs équivalents, ne permettait pas d'avoir une politique cohérente. D'autant qu'Andy Rubin n'a jusqu'ici mesuré le succès de sa plateforme qu'en termes du nombre d'activation des appareils.

Les problèmes restent à régler : vendredi, le développeur Mika Mobile (Zombieville USA 1 & 2, Battleheart, OMG Pirates) a publié sur son blog sa décision de ne plus s'investir sur Android. Selon le développeur, les ventes sur Android ne représentent que 5 % de son chiffre d'affaire sur l'année passée, alors même que la fragmentation exige de sa part un investissement qu'il estime à 20 % de son temps sur l'année écoulée, pour rendre ses applications compatibles avec le plus d'appareils possibles.

Il y a donc encore fort à faire pour que Jamie Rosenberg réussisse là où Eric Chu a échoué.